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Petit blog des expressions et mémoires capturées au (sur)vol d’un monde(s)

YouTube digestif est bien constipé …
19 décembre, 2008, 0:07
Classé dans : Representations

 YouTube digestif est bien constipé ... dans Representations lievre

Comme on l’aura noté, la plupart des billets de ce blog se trouvent accompagnés de vidéos interférants plus où moins directement avec les textes proposés.
Celles-ci ont pour vocation de donner à voir autrement, multiplier ou agencer les perspectives possibles, car c’est un fait, on ne sait jamais à l’avance comment chaque individu dans toutes ces singularités va pouvoir aborder tel ou tel question. L’angle d’incidence propre à chacun, ou comment il rencontre ceci et cela, par quel média il comprend où devient conscient d’une certaine relation eentre les choses.

Qui plus est, et pour un blog souhaitant parler d’écologie, et par là-même tournant autour de notions aussi floues que la biodiversité, comment ne pas en premier lieu tenter de diversifier son contenu comme le contenant de ses messages. Respect de l’hétérogénéité des désirs, comme de l’éco-éthologie  …. de chacun.

Ces vidéos, à la production anonyme, composées d’extraits courts toujours sourcés, n’ayant aucune vocation à la reproduction et servant uniquement de support pédagogique, celles-ci viennent donc d’être entièrement supprimées par YouTube, sans avertissement aucun pour atteinte au droit d’auteur.

Peu importe dirons nous, aucune œuvre n’est ici en péril. Seulement, et c’est bien là le problème qui se pose au-delà d’une qualification pédagogique de ces petites vidéos, qualification toujours très subjective et questionnable, car au final c’est bien d’un nouvel empêchement dont il est question.

Il est ainsi une nouvelle fois proclamé l’interdiction pour tout un chacun de digérer ses impressions en réunion. Etre bombarder des images extérieures, oui, mais pouvoir les digérer ou en « photo-synthétiser » les traces autrement, voilà qui est donc impossible. Non, il n’y a qu’un montage possible, non, il n’y a qu’un sens possible que vous altérez dans vos recombinaison, etc, etc. Faites le si ça vous amuse, mais faites le tout seul dans votre cave.

La banque sociale des images est ainsi verrouillée, pas plus de crédit ici, et nous sommes tous à court de liquidité. Recyclage des herbes, oui car après tout ça ne fait de mal à personne même si nous auront toujours moins de talent que les vaches, mais recyclage des images, non, et peu importe leur destination !

Nous voilà donc privés d’une certaine technique digestive ou de méditation de nos propres affects, c’est-à-dire du travail sur les traces ou impressions que laissent les images sur nos corps comme nos esprits. Alors vive les images étrangères qu’on bourre dans des natures incompatibles en les privant de certaines de leurs capacités d’incorporation. Vivre la vie tout le monde et la surpopulation qui va avec. Mais si, si, faite vos montages, rien ne l’interdit, mais que personne n’en sache rien. Monsieur, coupez votre connexion.

Un jour peut-être comprendrons-nous collectivement qu’il existe une écologie des idées (que celles-ci soit véhiculée par des images, des sons, des textes …) à respecter tout autant qu’une autre. Nous commençons de le comprendre dans la Nature, ses transferts de flux, de matières, et donc d’énergies, mais nous en sommes encore très loin en terme d’information, c’est-à-dire d’énergie pliées dans des images, des sons, des textes, etc. 
Car là aussi existe des producteurs primaires, des producteurs secondaires, des consommateurs, des décomposeurs, etc., dans un cycle qui fait que chacun nourrit le suivant et ainsi de suite. Chacun se devant d’être rémunérer comme tel, c’est-à-dire de voir ses conditions de reproduction assurés.

On pourrait d’ailleurs se demander quelle place occupe les hommes dans ce cycle. Après tout les pingouins ne sont pas rémunérés en tant que freegurants du spectacle, ni ne nous attaquent pour diffamation dans les propos que nous leur prêtons. Dans la même idée et plus sérieusement, suivons G. Bateson : «  [...] le système écomental appelé lac Erié est une partie de votre système écomental plus vaste, et que, si ce lac devient malade, sa maladie sera inoculée au système plus vaste de votre pensée et de votre expérience » Vers une écologie de l’esprit, tome2 

Notre hypothèse demeure néanmoins, l’homme est un producteur primaire. C’est-à-dire qu’il est capable, au sein de ce système écomental plus vaste, de plier celui-ci dans des récits symptômes (l’histoire de ses rencontres avec). Et pour ce faire, il produit des images, des sons que d’autres pourront déplier ultérieurement comme autant de matière première à  leur propre production. Se faisant, l’homme dépense donc une certaine énergie de « pliage » dans cette activité que nous dirons « photo-synthétique ».

D’un point de vue de l’équilibre, cette dépense d’énergie se doit d’être « compensée » par les recettes énergétiques qui permettent la reproduction ou la continuité de cette activité. Or cette activité de transformation appartient peut-être à son essence même, de sorte que l’en priver consisterait simplement à l’éliminer. Il est donc plus que nécessaire de pouvoir assurer la continuité de cette fonction. Comme, et parallèlement, de savoir établir au sein de la cité un système de sélection des individus les plus capables pour ce faire. Vaste question, aller voir chez les Grecs.

Mais sans se déplacer beaucoup, constatons simplement que les droits d’auteurs, tels que conçus à ce jour, ne sont pas adaptés à une telle écologie. Ils segmentent les flux, brisent la circulation des énergies d’une chaine pourtant bouclée sur elle-même. Ainsi, et en retour, les productions primaires s’affaiblissent très logiquement du manque de  leurs recycleurs, comme de l’absence des échelons intermédiaires. Ou comment scier la branche sur laquelle …

Les protections, ou plutôt la continuité de chacun se doit donc d’être équilibrée et assurée. Le choix des « exécutant » sans doute questionné. Un individu à la figure clairement identifiée ? Un collectif fluide et décentralisé ?  

Aujourd’hui, nous sommes encore assez loin de ces questions. Alors plus simplement, comment et pourquoi ne pas mieux préciser la notion d’extrait, ne pas affirmer plus en avant l’exception pédagogique. Plus généralement, la notion de l’œuvre collective reste largement à introduire dans nos textes, sans doute sur le modèle ou les prémisses du logiciel libre. Nous sommes au XXIème siècle, et voilà beaucoup de travail en perspective face aux enjeux. Qui a parlé de fin de l’histoire ?

Pour conclure un commentaire du professeur Michel Vivant sur la loi DADVSI : « [l'exception pédagogique] permet l’exploitation « d’extraits d’œuvres ». Expression nouvelle dont on sait simplement qu’elle fait allusion à un lignage plus important que la courte citation… Mais que représente-t-elle vraiment ? 4%, 5%, 10% d’une œuvre ? Ce pourcentage est-il relatif à la pagination totale ? La notion d’extraits manque de sens pour être opératoire»

Soyons malgré tout assez peu confiant … personne ne lâche rien gratuitement. Personne, mais qui ? Un écosystème totalement défaillant quant à son écologie de production immatérielle.

http://www.dailymotion.com/video/k421L6xk7xx9NRSyFm



Production versus représentation
24 septembre, 2008, 19:51
Classé dans : Representations

http://www.dailymotion.com/video/kVKlQG5gKTimJXMlPd
Inconscient machinique versus inconscient théâtrale, désir collectif versus désir privé, schizoanalyse versus psychanalyse. Extrait audio d’après « Univers d’un philosophe », émission du 23 août 2008, France Culture.



Monde et mouvement des choses, cinéma, inventions et perceptions.
20 septembre, 2008, 12:01
Classé dans : Modeles de danse,Representations

http://www.dailymotion.com/video/k1FHXyvQxAY3vdM0Mg
Deleuze, Bergson et le cinéma. Image temps, image mouvement. Commentaires de Pierre Montebello d’après les nouveaux chemins de la connaissance du 18 septembre 2008. Illustration. Variations sur le même thème, le nouveau monde de Terrence Malick, sortie de cadre dans un jardin anglais, sortie joyeuse d’une existence.

http://www.dailymotion.com/video/k6Y2KY51cECTGZBWKD
Extrait audio d’après Conférence de l’Université Lumière Lyon 2, intervention de Michel Serres autour du thème de l’invention.



Plier (:) déplier
28 juillet, 2008, 14:26
Classé dans : Representations

Plier (:) déplier dans Representations instrumentsdanse 

Certains aiment à lire de droite à gauche, d’autres de bas en haut. Certains déplient, d’autres replient, and so on. A partir d’une ligne ou d’un trait, certains devinent ou déplient le paysage qu’elle englobe. A partir du chaotique déplié, certains reviennent ou plient jusqu’à redécouvrir la ligne nécessaire derrière le hasard de la scène.

Mystère des affinités, élastique, piano ou accordéon, à chacun son instrument de mémoire et son mouvement: « [...] la mémoire apparaît comme un éclair, une constellation: rien dans le rétro (ou des simulacres), tout est devant, revenant sous d’autres figures, d’autres climats qui font ressurgir, au présent, toutes nos intensités, passées et actuelles. »

« Revenir est précisément l’être du devenir, l’un du multiple, la nécessité du hasard. » Gilles Deleuze, Nietzsche.

Alors ici, nous tentons de déplier en boucle une certaine idée. Idée dont la représentation ou modalité initiale nous est donnée par Grégory Bateson dans son écologie de l’esprit. Qu’est-ce qu’un environnement ? Une configuration dynamique, un organe sensoriel décentralisé: un modèle de danse qui capture d’autres modèles de danse.

http://www.dailymotion.com/video/k4Yb9I5i1xO7fiI5rq
Déplier les danses de(dans) la toile, y découper des mouvements de croissance: maillage d’un monde, diffusion d’une musique propre, connection, communauté.

Déplier des paysages enveloppés dans quelques traits…

delacroixcroquismaroc dans Representations

delacroixcroquismaroc2

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(Re)plier

dansedeplier

dansedeplier3

dansedeplier2

dansedeplier4

***

http://www.dailymotion.com/video/k4XygAG6AGJKHZIqss
Déplier la ligne, une certaine manière de présenter ses rapports au monde, de prendre possession de son territoire.

http://www.dailymotion.com/video/k1vbl82KnO1FnvCe7v
Travail de l’archive, insertion et ouverture de canaux de communication.

http://www.dailymotion.com/video/k7tfCNqQAP03EgoQcd
Souvenir d’un agencement, déplié.



Représentation, appropriation et insertion
30 juin, 2008, 12:07
Classé dans : Representations

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Une ligne et trois mouvements: représenter la nature, s’approprier celle-ci et insérer son expérience dans une histoire plus que personnelle. Trois temps, ou trois noeud à dénouer pour qui s’interresserait à la question écologique au sens large. Petite proposition: de Philippe Descola, classification des formes d’écologies symboliques, à Michel Serres, polluer c’est s’approprier, à Tim Burton, composer un monde c’est proposer un récit parallèle par où la filiation s’insère.

***

 » [...] toute morale de la nature est par définition anthropogénique en ce qu’elle exprime nécessairement des valeurs défendues par des humains [...] il existe une pluralité de natures et de façons de les protéger, pour ne pas imposer l’abstraction du bien public à ceux qui ont d’autres manières de composer des mondes communs, pour ne pas faire trop violence à tous ces peuples qui ont produit au fil du temps toutes ces natures particulières [...]
Il n’existe pas de critères absolus et scientifiquement fondés à partir desquels pourraient être justifiées des valeurs universellement reconnues dans le domaine de la préservation des biens naturels et culturels [...] les valeurs sur lesquelles s’appuie la politique internationale de protection de la nature sont indissociables d’une cosmologie très particulière qui a émergé et s’est stabilisée en Europe au cours des derniers siècles, une cosmologie que j’ai appelée naturaliste et qui n’est pas encore partagée par tous les peuples de la planète, loin de là. Car le naturalisme n’est qu’une façon parmi d’autres d’organiser le monde, c’est-à-dire d’opérer des identifications en distribuant des qualités aux existants à partir des diverses possibilités d’imputer à un autre indéterminé une physicalité et une intériorité analogues ou dissemblables à celles dont tout humain fait l’expérience. De sorte que l’identification peut se décliner en quatre formules ontologiques :

-> soit la plupart des existants sont réputés avoir une intériorité semblable tout en se distinguant par leurs corps, et c’est l’animisme.
La formule de l’animisme: « ce n’est pas au moyen de leur âme qu’humains et non-humains se différencient, mais bien par leurs corps. »
L’animisme est présent parmi les peuples d’Amazonie, du nord de l’Amérique du Nord, de Sibérie septentrionale et de certaines parties de l’Asie du sud-est et de la Mélanésie.

-> soit les humains sont seuls à posséder le privilège de l’intériorité tout en se rattachant au continuum des non-humains par leurs caractéristiques matérielles, et c’est le naturalisme.
Le naturalisme inverse la formule de l’animisme: « en articulant une discontinuité des intériorités et une continuité des physicalités. »
Le naturalisme est présent en Europe à partir de l’âge classique.

-> soit tous les éléments du monde se différencient les uns des autres sur le plan ontologique, raison pour laquelle il convient de trouver entre eux des correspondances stables, et c’est l’analogisme.
La formule de l’analogisme: « un mode d’identification qui fractionne l’ensemble des existants en une multiplicité d’essences, de formes et de substances séparées par de faibles écarts, parfois ordonnées dans une échelle graduée, de sorte qu’il devient possible de recomposer le système des contrastes initiaux en un dense réseau d’analogies [...] C’est bien la différence infiniment démultipliée qui fait l’état ordinaire du monde, et la ressemblance le moyen espéré de le rendre intelligible et supportable. »
L’analogisme est présent parmi la Chine, l’Europe de la Renaissance, l’Afrique de l’Ouest, les peuples indigènes des Andes et de Méso-Amérique.

-> soit certains humains et non-humains partagent, à l’intérieur d’une classe nommée, les mêmes propriétés physiques et morales issues d’un prototype, tout en se distinguant en bloc d’autres classes du même type, et c’est le totémisme
La formule du totémisme: « c’est cette continuité interspécifique des physicalités et des intériorités qui fait la spécificité de cette ontologie (ou de ce mode d’identification), où chaque individu est l’actualisation d’un des états successifs par lesquels est passée la genèse de l’identité collective propre à l’ensemble dont il fait partie. » 
L’animisme est présent au premier chef l’Australie des Aborigènes.

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A qui appartient la nature ? par Philippe Descola

«  Un scorpion veut traverser le fleuve. Mais il ne sait pas nager. Il avise un hippopotame et lui demande : – Puis-je monter sur ton dos pour traverser le fleuve ? L’hippopotame lui répond : – Tu me prends pour un imbécile ? Si je te prends sur mon dos pour traverser le fleuve, tu vas me piquer, et je mourrai. – Mais non, dit le scorpion, car si je te pique, je vais me noyer. – D’accord, dit l’hippopotame. Le scorpion grimpe sur son dos, et ils entament la traversée. Au milieu du fleuve, le scorpion pique l’hippopotame. – Qu’est-ce qui t’a pris ? dit l’hippopotame, en sombrant. Tu vas mourir aussi. – Je n’y peux rien, dit le scorpion. C’est ma nature. « 

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A qui appartient la nature ? par Philippe Descola

Petites natures – enquête, enquête réalisée par Rachel Easterman-Ulmann, avec Catherine Bonifassi, Frédérique Ildefonse et Jean-Philippe Renouard, Vacarme 14 hiver 2001
Enquête réalisée par Rachel Easterman-Ulmann, avec Catherine Bonifassi, Frédérique Ildefonse et Jean-Philippe Renouard
1. À quelle nature avez-vous à faire ?
2. Vous apparaît-il qu’existe quelque chose comme un ordre naturel ?
3. Pouvez-vous donner des exemples, où l’utilisation de la nature comme argument vous a énervé(e) ?
4. Y a-t-il des choses (inventions, pratiques sociales, technologies, discours) qui, parce qu’elles bousculeraient la nature, vous effraient ?

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 » Les tigres pissent pour délimiter leur niche. Ainsi font sangliers et chamois. Mimons-nous ces animaux ? Je le crains, je le vois, je le sens. Quiconque crache dans la soupe ou la salade s’en assure la propriété. Vous ne couchez pas dans des draps salis par un autre ; ils sont désormais à lui. Pour pouvoir recevoir ses clients, un hôtel, un restaurant, inversement, nettoient lit et serviettes. L’éthologie, science des conduites animales, comme les pratiques hospitalières – mais aussi l’histoire des religions, les techniques agricoles, même la sexologie… – montrent le rapport étrange et répulsif entre le sale et la propriété. Oui, notre propre, c’est notre sale. « 

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Modalité de représentation d’un récit plus que personnel, vie et composition d’un monde humain, travail de la mémoire, porte ouverte à la filiation.


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