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Petit blog des expressions et mémoires capturées au (sur)vol d’un monde(s)
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Collecter des expressions
30 juin, 2008, 23:31
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«  Ils [les arbres] ne sont qu’une volonté d’expression. Ils n’ont rien de caché pour eux-mêmes, ils ne peuvent garder aucune idée secrète, ils se déploient entièrement, honnêtement, sans restriction [...], ils ne s’occupent qu’à accomplir leur expression : ils se préparent, ils s’ornent, ils attendent qu’on vienne les lire.  » Francis Ponge.

Collecter des expressions wind3

 » Peu importent les rimes. Rarement il est deux arbres semblables, l’un auprès de l’autre. Je pense et j’écris ainsi que les fleurs ont une couleur mais avec moins de perfection dans ma façon de m’exprimer parce qu’il me manque la simplicité divine d’etre en entier l’extérieur de moi-même et rien de plus. Je regarde et je m’émeus. Je m’émeus ainsi que l’eau coule lorsque le sol est en pente. Et ma poésie est naturelle comme le lever du vent. » F. Pessoa

***

Un environnement ? Une configuration dynamique, un organe sensoriel décentralisé: un modèle de danse qui capture d’autres modèles de danse. Des modèles de danse? Grilles de lecture possibles des expressions du monde. L‘image? Un mode d’intercession de premier ordre pour ce qui est des questions écologiques.

L’image? Sans doute le rôle majeur que celle-ci joue dans nos sociétés dites de l’information. Mais pour ce qui nous intéresse ici, en ce qu’elle est peut-être le meilleur moyen de restituer la complexité inhérente aux questions d’ordre systémique que pose l’écologie.

L’image, avec et sans mouvement, celle-ci offre la possibilité de mettre en scène les contradictions, de les faire cohabiter dans un même cadre ou espace. En ce sens, celle-ci peut permettre de relier, d’exprimer sans prescrire des informations qui pour bon nombre d’entre nous apparaissent encore aujourd’hui comme éclatés. C’est à dire non enregistrables ou mobilisables.

L’image circulante, bien qu’elle soit déjà une sélection ou réduction du réel opéré par un sujet agissant, celle-ci forme la matière première de nos représentations. Positive, elle aiguise la curiosité comme la réflexion individuelle, sans rabattre le spectateur coproducteur, qui fait de ces images des représentations actives, sur des querelles plus ou moins chiffrées qui épuisent toutes autres expériences possibles du réel.

A mi-chemin entre l’art et la science, il y a beaucoup à voir, l’image comme expression des climats du monde. Qu’est ce qu’un arbre ou une prairie sinon également l’expression des différences de potentiels (hydriques par exemple) existantes à un moment données entre l’air et la terre ? Notre expérience rejoint ici volontiers celle de Francis Ponge: « Ils [les arbres] ne sont qu’une volonté d’expression. Ils n’ont rien de caché pour eux-mêmes, ils ne peuvent garder aucune idée secrète, ils se déploient entièrement, honnêtement, sans restriction [...], ils ne s’occupent qu’à accomplir leur expression : ils se préparent, ils s’ornent, ils attendent qu’on vienne les lire », Francis Ponge.

Un environnement, un certain modèle de danse qui vient capturer d’autre modèle de danse. Et si nul ne sait à l’avance ce que peut un environnement, il est toujours possible d’entendre cette petite musique qui, ici et là, flotte toujours dans l’air. Flotte toujours dans l’air comme ramenant, pour le voyant, les membres du hasard du monde vers l’expression d’une scène subjective nécessaire, celle d’une rencontre.

***

http://www.dailymotion.com/video/k5HAndkWZBA4NjzTgG
Réseau de correspondances, de l’art à la science, de la manière sans cesse renouvelée dont nous déchiffrons et rêvons le monde pour nous y réinscrire.


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