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Petit blog des expressions et mémoires capturées au (sur)vol d’un monde(s)

Ouvrir des pistes
2 juillet, 2008, 9:22
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«  La plante n’a pas de proie individuée, elle cherche donc toujours à s’identifier à un milieu tridimensionnel [...] on trouve une sorte de dilution fractale dans le milieu nourricier ambiant.  » René Thom.

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«  Si l’on se place sur le plan de l’évolution biologique, celle de Darwin, alors l’évolution de la plante et celle de l’animal, sont très différentes. Evoluer pour les animaux, c’est se dégager de mieux en mieux des contraintes du milieu, et en ce sens, l’homme est bien placé au sommet de la pyramide, parce que pour nous à la limite, on ne sait même plus ce qu’est le milieu. Evoluer pour une plante, c’est se conformer de mieux en mieux aux contraintes du milieu, cela consiste donc, non pas à échapper mais au contraire à se dissoudre dedans, à disparaître d’une certaine manière. C’est en quoi la plante m’est apparue immanente, alors que l’animal serait transcendant.  » Francis Hallé.

***

« Saisir au vol une expérience en passe de devenir souvenir, de la heurter avant qu’elle ne passe. »

Différents objectifs de transmission 

Toute transmission d’information relative à l’environnement, et à son écologie, se devrait de combiner trois temps :

   -> Transmettre les informations et concepts de bases.
Par delà les polémiques et les jugements de valeur, pour former les nœuds d’une grille de lecture. Il existe une place pour des informations de base (concepts clés). L’environnement est à bien des égards une machinerie dont les différentes pièces du moteur peuvent être décrites par déconstruction, à la condition qu’une synthèse articulée soit en mesure de resituer ces éléments dans un contexte plus vaste.

   -> Employer une tonalité mobilisatrice et interrogatrice.
Pour initier cette synthèse, il convient de présenter l’ensemble du domaine à communiquer de manière attractive en donnant à penser, en initiant l’exercice créateur de la réflexion individuelle et collective. Car l’objectif est d’apprendre à apprendre à retrouver les informations pertinentes par soi-même, complexifier ainsi sa base de connaissance, conduire à un enrichissement mutuel des concepts (synergie et recyclage dans les idées).

   -> Utiliser différents canaux de transmission.
Opter pour la complexité en pariant sur la lucidité de son auditoire nécessite donc d’offrir différents niveaux d’accès et de lecture à ses messages (ludique, logique, affectif, interactif…). On ne sait pas à l’avance par quel canal on apprend ceci ou cela, on déplie ceci ou cela. Une courbe, un tableau, une musique, un paysage, etc. Le rôle de l’art apparaît ici comme un facteur positif de premier plan, créateur d’ensembles, catalyseur d’une certaines écologie des idées.

Deux axes de recherche

   -> Le premier serait de l’ordre de la construction d’une grille de lecture des paysage. Ici, chaque élément est d’abord extrait de son environnement pour en expliquer son utilité, l’intervention que l’homme a sur lui et son fonctionnement dans l’ensemble. Le message est ainsi le suivant: vous vivez déjà dans un environnement à 99% construit, en voici une méthode de lecture. Comprendre, mesurer.

   -> Le second serait de l’ordre de la reconquête de l’étonnement, notamment par la construction de ponts entre les différentes disciplines. En quoi le langage analogique du dauphin peut-il s’apparenter au travail d’un peintre abstrait, en quoi la danse des abeilles est elle un langage, comment et pourquoi  l’orchidée se déguise-t-elle pour attirer la guêpe, le mouvement de mise en réseau du monde est-il d’ordre végétal, quel analogue de la structure de la ville à celle de l’herbe ? Etc. Ou comment tisser un réseau de correspondances qui puisse aiguiser la curiosité de chacun, sa capacité d’étonnement au monde. Réenchanter, composer.

Lignes due réalisation

   -> Sans doute n’est-il pas inutile de méditer cette affirmation de Bateson : « j’affirme que si vous voulez parler de choses vivantes, non seulement en tant que biologiste académique mais à titre personnel, pour vous-même, créature vivante parmi les créatures vivantes, il est indiqué d’utiliser un langage isomorphe au langage grâce auquel les créatures vivantes elles-mêmes sont organisées – un langage qui est en phase avec le langage du monde biologique». Alors peut-être pourrait-on ajouter très simplement que si nous voulons parler de quelque chose de nouveau en matière d’écologie, il nous faut également un langage nouveau, il nous faut donc effacer des traces. Pour effacer ses traces, sans doute faut-il à un moment donné se vivre telle une grande surface d’inscription végétale, imprimant les variation du monde, mais cependant munie d’antennes tactiles, selectionnant de petites intensités au vol.
« ils [les arbres] ne sont qu’une volonté d’expression. Ils n’ont rien de caché pour eux-mêmes, ils ne peuvent garder aucune idée secrète, ils se déploient entièrement, honnêtement, sans restriction [...], ils ne s’occupent qu’à accomplir leur expression : ils se préparent, ils s’ornent, ils attendent qu’on vienne les lire. » Francis Ponge.
« Ce qui caractérise les organes des sens, c’est que le travail ne porte que sur de petites quantités des excitations extérieures, sur des échantillons pour ainsi dire des énergies extérieures. On peut les comparer à des antennes qui, après s’être mises en contact avec le monde extérieur, se retirent de nouveau.» Freud.

   -> Enfin, il importe sans doute d’expérimenter une conclusion importante de la théorie des systèmes : plus les voies de circulation de l’énergie (i.e. de l’information) sont nombreuses, et plus un système est capable de s’autoréguler. Seulement, multiplier les voies de circulation de l’information sans adapter les transmetteurs afin d’auto-préparation des récepteurs, cela ne peut qu’être source de nouvelles saturations et pollutions.

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http://www.dailymotion.com/video/k5GyqdCaqmaJcjnl0W
Le désir coule dans des agencements, je ne désire pas cette femme, mais bien plus, le paysage qui englobe cette femme, et qu’au besoin je déplie. Quel désir d’écologie, dans quel climat ou paysage, avec quelle femme, c’est à dire quel support?


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